Le plan OBAMA : la meilleure recette anti-crise

L’annonce faite depuis la Maison Blanche le 21 janvier par le Président Obama et une magnifique nouvelle qui enfin réforme en profondeur le système financier dans le sens proposé par Proxinvest depuis dix ans. L’objectif général n’est pas seulement d’immuniser le contribuable contre l’intervention en sauvetage de banques défaillantes et de mettre fin aux rémunérations excessives que le système engendre : il s’agit de remettre la finance au service de l’économie , de mettre fin aux conflits d’intérêts de la banque universelle facteur de court-termisme grégaire.

Le caractère « unilatéral » - made in USA – des propositions ne les affaiblit : les travaux du G20 "éclairés" en 2009 par d’anciens fonctionnaires internationaux hélas payés par les banques n’avançaient pas dans le sens de la suppression des conflits d’intérêts du système mais du plus grand confort des banquiers.

L’instauration d’une séparation entre des activités financières de type différent, s’inspirant de la législation « Glass-Stiegall » de 1933 se trouve formidablement cautionné par la puissante figure de Paul Volker, l'homme de 82 ans qui président du FED avait vaincu l'inflation et s'était opposé à l'abrogation du Glass-Stiegall Act. Il est sain de séparer les activités traditionnelles de « banque de dépôt » de celles que l’on caractérise de « banques d’affaires » d’autant plus que les dépôts bénéficient d’une garantie publique. Il semble que cette proposition d’Obama liée à celle de limiter le recours des groupes bancaires au FDIC incitera en pratique les « banques de dépôt » à se défaire de nombreuses activités concurrentielles comme la gestion de portefeuille (OPCVM ou privés),exécution d’ordres de bourse sur des marchés réglementés ou non, « conseils » en fusion acquisition, etc... Les « prises de positions financières » de la banque en tant que contrepartie préférée étant souvent à l’origine des grands profits dérivés de ces activités….

Il faut ici insister sur la nécessité d’une vraie d’une séparation légale totale entre les métiers de « banque de dépôts » et « banque d’affaires », et ne plus retomber dans l’illusion des murailles de Chine : l’exemple d’AIG est révélateur , jamais AIG Financial Products n’aurait pu monter sa pyramide d’opérations finalement malsaines sans le support de l’image du groupe d’assurances et le soutien de Goldman Sachs et de Société Générale (pour 12 milliards de $).

Notons sur la question de la « liquidité, l’idée d’ un système suggérée par Paul Goldschmidt (ex ; de Goldman Sachs) d’une « Chambre de Compensation » pour les prêts interbancaires limiterait considérablement la nécessité d’un recours aux facilités des Banques Centrales, les « banques d’affaires » qui trouveraient dans ce montage une alternative au besoin d’un accès direct à la Banque Centrale.

Autre proposition intéressante de Paul Goldschmidt sur les bonus : tout bonus qui dépasserait EUR 27,500 (USD 38,000 – GBP 25,000) soit le seuil retenu par la France et la Grande Bretagne pour leur taxe exceptionnelle sur les bonus, ne serait pas déductible fiscalement et devrait être payé sur le bénéfice après impôts. En tant que tels, il serait soumis au vote des actionnaires au titre de l’affectation des bénéfices. On lira plus bas avec profit les mots du président américain.

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PS Il faut lire le discours de Barack Obama du 21 janvier 2010 - presque du PHL dans le texte !

> January 21, 2010

White House - Remarks by the President Barack Obama on Financial Reform Extraits :

First, we should no longer allow banks to stray too far from their central mission of serving their customers. In recent years, too many financial firms have put taxpayer money at risk by operating hedge funds and private equity funds and making riskier investments to reap a quick reward. And these firms have taken these risks while benefiting from special financial privileges that are reserved only for banks.

Our government provides deposit insurance and other safeguards and guarantees to firms that operate banks. We do so because a stable and reliable banking system promotes sustained growth, and because we learned how dangerous the failure of that system can be during the Great Depression.

But these privileges were not created to bestow banks operating hedge funds or private equity funds with an unfair advantage. When banks benefit from the safety net that taxpayers provide –- which includes lower-cost capital –- it is not appropriate for them to turn around and use that cheap money to trade for profit. And that is especially true when this kind of trading often puts banks in direct conflict with their customers' interests./

The fact is, these kinds of trading operations can create enormous and costly risks, endangering the entire bank if things go wrong. We simply cannot accept a system in which hedge funds or private equity firms inside banks can place huge, risky bets that are subsidized by taxpayers and that could pose a conflict of interest. And we cannot accept a system in which shareholders make money on these operations if the bank wins but taxpayers foot the bill if the bank loses.

It's for these reasons that I'm proposing a simple and common-sense reform, which we're calling the "Volcker Rule" -- after this tall guy behind me. Banks will no longer be allowed to own, invest, or sponsor hedge funds, private equity funds, or proprietary trading operations for their own profit, unrelated to serving their customers. If financial firms want to trade for profit, that's something they're free to do. Indeed, doing so –- responsibly –- is a good thing for the markets and the economy. But these firms should not be allowed to run these hedge funds and private equities funds while running a bank backed by the American people.