Proxinvest aux Entretiens de l'AMF

Proxinvest aux Entretiens de l'AMF

Les Entretiens de l'AMF cru 2009, en version light car en une demi-journée seulement au palais Brongniart, a offert deux ateliers très intéressants, l'un sur la crise financière l'autre de sur la réforme MIF qui permis en 2007 l'éclatement des plate-formes boursières.

L'atelier sur la crise financière a subtilement opposé deux mondes et trois inspecteurs des finances:

- le monde ancien qui ne voit la finance que d'en haut représenté par Jacques de Larosière, conseiller auprès du président de BNP Paribas, et, es-fonctions, Augustin de Romanet, Directeur général de la CDC, autre inspecteur des finances, tenants de la transparence, et de la grande régulation du risque bancaire par le Comité de Bâle ou le FMI, partisans de l'adossement des banques, du plus de fonds propres et d'un club de grands investisseurs solidaires des émirs, tous prêts à prendre généreusement en tutelle entreprises et épargnants...

  • le monde nouveau tenant plus d'Accountabilitity, d'un monde de citoyens libres, responsables et actifs représenté par la député européenne Sylvie Goulard (une femme invitée in extremis ?), Charles-Henri Filippi, ancien inspecteur, président d'Alfina et auteur de l'excellent "Argent sans maître", et Mick McAteer, directeur du Financial Inclusion Centre, qui pensent que les épargnants et les citoyens doivent jouer leur rôle et donner leur avis.
Si certaines convergences ont été observées sur l'idée de regrouper les superviseurs des marchés au niveau européen (bienvenue à l'EMSA, le successeur renforcé de CESR), celle-ci ne satisfait que pour partie nos jeunes partisans d'une vraie suppression des conflits d'intérêts de la finance, d'un renforcement des actionnaires et des régulateurs. La députée Sylvie Goulard a su utilement rappeler aux représentants des pouvoirs établis que le Parlement Européen intervenait désormais en co-décision avec la Commission et elle a appelé au soutien et à la contribution des citoyens autour de leur Parlement.

Ainsi semblent s'opposer aujourd'hui sur le dossier du vote par Internet ceux qui ne connaissent que la hiérarchie des pouvoirs en place et ceux qui défendent les droits des actionnaires.

Le second atelier, non moins intéressant (un seul inspecteur des finances, désolé du peu), était consacré à un bilan deux ans après la directive MIF : Jörgen Holmquist, aimable DG Marché intérieur et services, de la Commission européenne y aura appris comme nous beaucoup grâce à la présence de deux excellents praticiens animateurs de deux bourses centrales Xavier Rolet, un Français directeur général du London Stock Exchange (LSE), et Roland Bellegarde, Directeur de NYSE -Euronext, face à une plate-forme privée des grandes banques représentées Philippe Lagayette, vice-président EMEA, J.P. Morgan, l'inspecteur promis et comme par hasard coté grande banque : l'ensemble posant le problème général d'opportunité d'une juste concurrence entre les acteurs sans omettre les problèmes des conflits d'intérêts des banquiers actionnaires des MTF. Ces derniers essuyèrent les critiques précises de Martin Bouygues, président-directeur général de Bouygues, et de Helman Le Pas de Sécheval, directeur financier, Groupama, réclamant des nouvelles plates-formes plus de transparence sur la fixation du prix et une meilleure contribution à la lutte contre les abus de marché. Si l'information sur l'identité et les transactions de ses grands actionnaires intéressent tant Martin Bouygues, gageons qu'il sera aussi intéressé de mieux connaître grâce à DirectVote les intentions et les votes individuels des grands actionnaires de Bouygues !

In fine Jean-Pierre Jouillet, président de l'AMF, proposa avec brio dix conclusions en forme de commandements de sortie de crise: il y insiste sur la protection de l'épargnant "qui doit reprendre le pouvoir, les conflits d'intérêts doivent être proscrits", mieux surveiller les marchés et renforcer les sanctions... c'est bien mais hélas, pauvres souscripteurs de Vivendi Universal ou de Natixis, le président de l'AMF oublie de leur prévoir des réparations.

18 décembre 2009

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