Une lettre de P.H.Leroy (Proxinvest) en réponse à P. Leroy (Lagardère SCA) et la suite

Sous le titre « Une lettre de Pierre Leroy », Le Monde a publié le 22 novembre 2008 une mise au point du co-gérant du groupe Lagardère indiquant que le montant de 13,64 millions d’euros correspondant à la rémunération salariale d’Arnaud Lagardère indiqué par Proxinvest dans son rapport sur la rémunération des dirigeants des sociétés cotées « était faux » et que celle-ci ne dépassait pas 1 944 711 €...

Il s’agit d’un vieux débat entre nous et je crois important de réviser la copie et de justifier notre chiffre final, très supérieur.(voir ausssi le P.S. de 2010)

Proxinvest retient comme rémunération d’un dirigeant sa part salariale composée du salaire fixe, du salaire variable et d’une partie « autres éléments », ainsi que sa part actionnariale composée de stock-options ou d’actions gratuites. La partie « autres éléments » de la rémunération est composée des avantages en nature, des jetons de présence, du dividende d’associé commandité et de toutes rémunérations accessoires payées par un groupe via des filiales ou participations, type EADS, ou via une éventuelle société holding du dirigeant comme Lagardère Capital & Management.

Au titre de l’exercice 2007, Arnaud Lagardère a perçu 917 820 € pour la partie fixe de sa rémunération et 976 506 € pour la partie variable (non 854 841 € versés par Lagardère en 2007 au titre de l’exercice 2006) auxquelles s’ajoutent 8 300 € de jetons de présence. Pierre Leroy tient justement compte des 163 750€ perçus par Arnaud Lagardère au titre de ses fonctions chez EADS, ce qui nous porte à un premier sous-total de 2 066 376 € proche du montant retenu par notre interlocuteur.

Proxinvest considère que s’agissant de la rémunération de dirigeant, il convient de tenir compte aussi du dividende de commandité lequel s’élève en 2007 à 5 341 290 €, puisque c’est bien au titre de sa responsabilité de gestion que le commandité se voit octroyer une rémunération statutaire annuelle de 1% du bénéfice consolidé payé aux deux commandités Arnaud Lagardère et Arjil Commandités Arco, holding de sa famille.

Mais rien n’est simple chez Lagardère SCA, qui paye à une autre holding d’Arnaud Lagardère, Lagardère Capital & Management des « management fees » de 19 343 135 €, montant qui a progressé de 13,7 % au cours du dernier exercice et de 13,3% en 2006. Or le montant total reversé pour rémunérer le comité exécutif est, selon les éléments publiés, de seulement 13 617 965 € comprenant notamment les salaires et charges individualisés d’Arnaud Lagardère, Pierre Leroy et Philippe Camus. Le groupe ne fournissant pas d'explications sur le surplus de 5 725 170 € restant à la holding hors périmètre, Proxinvest le retient comme autre élément de rémunération d’Arnaud Lagardère, puisque, si la marge nette de la holding est plafonnée par un accord de 2004 à 1 million d’euros, le surplus de dépenses de celle-ci est réputé satisfaire les intérêts personnels de son seul propriétaire présumé.

Le montant total de la rémunération de Arnaud Lagardère premier dirigeant de Lagardère SCA pour 2007 s’élève donc, non à 13 639 086 € indiqué par le Monde, mais à 13 132 836 €, ce qui nous vaut d’exprimer nos excuses à vos lecteurs pour notre manque de précision.

Pierre-Henri Leroy

P.S. : Le document de référence pour 2009, enfin disert sur la question, met en 2010 fin à la polémique : "Au titre de l’exercice 2009, la rémunération facturée au Groupe par Lagardère Capital & Management s’est élevée à 19,5 M€ (contre 18,9 M€ pour 2008). La charge salariale comptabilisée par cette dernière est de 16,0 M€. Elle correspond à 10,2 M€ de rémunérations brutes auxquelles s’ajoutent les charges sociales à payer et la dotation à la provision pour retraites. Compte tenu des autres dépenses (frais d'environnement remboursés au Groupe pour 1,9 M€, horaires et frais divers pour 0,5 M€), le résultat d'exploitation, qui correspond à l'activité issue des conventions, s'est élevé, après imputation de l'impôt correspondant à 0,66 M€."

Il s'agit bien de la liste civile complète d'Arnaud Lagadère et de ses collaborateurs : lui seul connnaît et décide de leurs appointements qui échappent ainsi au contrôle du cosneilde surveillance.


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