Publication du quatorzième rapport de Proxinvest « La Rémunération des Dirigeants des sociétés du SBF 120». Commandez le !

Après la forte hausse de 33% observée des rémunérations totales 2010 des présidents exécutifs du CAC 40, la rémunération totale moyenne des quarante dirigeants du CAC 40 se maintient au niveau élevé de 4 246 000€ pour les chiffres de l’exercice 2011 publiés en 2012, en hausse de 4%.

Ce rapport est disponible sur le site du libraire LDEL/JUSTICIA

Retraitée des indemnités de départ, la rémunération moyenne totale des présidents exécutifs du CAC 40 baisse toutefois de 3%, baisse dont l’ampleur aurait pu être plus significative au regard de l’exercice 2011 marqué par une baisse des multiples de valorisation, une crise bancaire, une baisse de 17% du CAC 40 et un recul de 10% des bénéfices nets cumulés.

Le magazine Challenges a présenté sur la base des données de cette étude un diagnostic de la performance comparée.

L’étude européenne rédigée par Proxinvest et ses partenaires de Expert Corporate Governance Service (ECGS) montre que la rémunération des dirigeants des sociétés cotées européennes a diminué un peu plus fortement (-5%) pour se situer à 3,7M€ en 2011 (sur la base d’un échantillon de 392 grandes sociétés européennes). La rémunération des dirigeants français se situe à la sixième place dans ce comparatif européen.

Les présidents exécutifs du SBF 80 (soit les 80 autres sociétés de l’indice SBF 120) auront vu leur rémunération totale qui avait également augmenté de 32% en 2010 baisser en 2011 de 2%. En moyenne un dirigeant du SBF 80 est deux fois moins rémunéré qu’un dirigeant du CAC 40 avec 2,06M€.

Quatorze dirigeants français en 2011, au lieu de onze en 2010 atteignent ou dépassent le plafond de Proxinvest de 240 SMIC, soit actuellement 4,6 M€: Maurice Lévy de Publicis est exceptionnellement en tête avec le versement anticipé de ses bonus différés qui portent à 19,6 M€ sa rémunération totale après 6,2M€ en 2010 ; il est suivi de Carlos Ghosn (Renault – 13,3 M€ après 9,7M€, +38%) dont la rémunération chez Nissan demeure mal définie, Bernard Charlès (Dassault Systèmes – avec 10,9 M€ après 9,5M€, +15%), Bernard Arnault (LVMH –10,8 M€ après 9,7M€, +11%), puis viennent Jean-Paul Agon (L’Oréal) – 7,7 M€ après 10,7M€, -28%), Christopher Viehbacher (Sanofi-Aventis – 7,1M€ après 6,1M€, +17%), Frank Riboud (Danone – 6,1 M€ après 5.9 M€, +3%), Daniel Julien (Teleperformance - 5,6 M€ après 3,2 M€, +76%), Denis Kessler ( SCOR 5,5 M€ après 4,2 M€, +20% ), Olivier Piou (Gemalto – 5,5 M€, +103%) Gerard Mestrallet (GDF-Suez 4,8 M€, +44%), Jean-Pascal Tricoire (Schneider Electric- 4,7M€, +12% ), Thierry Pilenko (Technip – 4,6 M€, +7%), Henri de Castries (AXA – 4,6 M€, -7%). Les chiffres de Proxinvest n’incluent pourtant pas le complément de retraite sur-complémentaire dont bénéficient certains dirigeants, sans pour la plupart en communiquer le coût annuel.

Proxinvest observe la hausse poursuivie des rémunérations fixes lesquelles ont un effet multiplicateur sur le long terme sur les autres rémunérations : le fixe moyen des dirigeants du CAC 40 franchit en 2011 le million d’euros, et l’on observe que cette part fixe progresse plus vite que l’inflation (depuis 2006, +9,4% dans le CAC 40 et +18,6% dans le SBF 80).

Les bonus annuels au titre de 2011 ont baissé de 8,6% au sein du CAC 40 et de 10,2% dans le SBF 80. Depuis 2006 ces parts variables ont progressé de +7%, pour le CAC 40 et de + 23% pour les 80 autres sociétés de l’indice SBF 120. Malgré cette baisse les bonus annuels sont restés à un niveau élevé (124% du fixe), dépassant même le bonus cible moyen de 116% du fixe déterminé par les comités de rémunération en début d’exercice. Certains bonus comme ceux versés par Carrefour, GDF Suez, SCOR, Peugeot, Dexia, même si ces deux derniers n’ont pas été versés, attestent que la part variable n’est pas toujours en ligne avec la performance perçue par l’actionnaire.

On observe aussi la poursuite de l’extinction du recours aux options d’achat ou de souscription qui sont passée dans le CAC 40 de 51,5% de la rémunération totale en 2006 à 11,5% ou 487 000€ en moyenne en 2011. La rémunération en actions gratuites dans le CAC 40 est passée elle de 3,7% du total en 2006 à 15,9% ou 873 000€ en 2011. L’ensemble de ces éléments de rémunération actionnariale qui représentait 55% de la rémunération moyenne du CAC 40 en 2006 avait considérablement chuté jusqu’à un point bas de 2009 et reste en proportion relativement faible à 28 % du total.

La rémunération moyenne de 4,2M€ d’un président exécutif du CAC 40 se décompose en 2011 de la manière suivante : 24% en rémunération fixe, 32% en variable annuel, 16% d’autres avantages, 16% en actions gratuites et 12% en options. On observe parallèlement le recours croissant aux versements pour partie différés d’espèces indexés sur l’action, lesquelles échappent à tout contrôle de l’assemblée générale des actionnaires.

Si l’on considère comme Proxinvest qu’une rémunération pour ne pas être qualifiée de court terme suppose une conditionnalité d’au moins trois ans, alors 16% seulement de la rémunération totale des présidents exécutifs du CAC40 repose sur des conditions de performance à long terme. Ce manque de lien entre rémunération et performance à long terme est très préoccupant pour les investisseurs et il devient urgent qu’administrateurs et comités de rémunération mettent fin à la hausse des fixes, réduisent considérablement les bonus annuels au profit d’une vrai rémunération à long terme liée à la performance.

Comme les années précédentes la rémunération de la mission des présidents non-exécutifs échappe à tout contrôle, au mépris de la hiérarchie légale qui soumet les jetons de présence et les rémunérations spéciales de tout administrateur à l’assemblée générale.

Le jeton de présence moyen autorisé dans le CAC40 est passé de 71.000 à 70.000 € et le montant finalement versé a été de 53.844€ par administrateur non exécutif, alors que le montant moyen autorisé des 80 autres sociétés était de 38.752 € par administrateur et le montant finalement versé de 28 751 €.

Responsabiliser pour redynamiser :

Proxinvest observe que les sociétés ont tout à gagner d’une politique de rémunération bien comprise de leurs actionnaires et du grand public, c’est tout l’enjeu d’un vote annuel sur la question « Say on Pay » comme instauré dans tous les autres pays d’Europe et aux Etats Unis . il convient à cette occasion de veiller à

• Restaurer la souveraineté de l’assemblée

• Mieux responsabiliser les administrateurs

• Resserrer les politiques de vote

Proxinvest a ainsi décidé pour 2013, après consultation de ses clients investisseurs, de ses partenaires européens de l’ECGS et de son Comité d’Orientation, de modifier sensiblement sa politique de vote, en resserrant notamment sensiblement son appréciation des indemnités de départ, désormais plafonnées à un an de rémunération salariale (deux ans selon le code AFEP-MEDEF) et limitées à la seule hypothèse d’un changement de contrôle.

Concernant le vote des régimes de retraite chapeau, Proxinvest exige désormais la communication du coût annuel individuel de ces régimes. Par égard pour les dirigeants des valeurs moyennes, la rente maximum acceptable est portée à 30% de la rémunération salariale finale au lieu de 20% mais la rente annuelle additionnelle sera désormais plafonnée pour tous à 300 000€ (soit 450 000€ maximum, régimes obligatoires inclus). Proxinvest demandera l’application de conditions de performance aux rémunérations actionnariales des membres du comité exécutif, lesquelles conditions devront être mesurées sur un minimum de trois années pleines. Enfin, afin d’assurer un meilleur équilibre en faveur des plans d’incitation à long terme (options, actions gratuites), Proxinvest et ses partenaires de l’ECGS invitent à plafonner à 300% du fixe les rémunérations variables dont :

Un maximum de 150% du fixe pour le bonus à court-terme;

Un minimum de 150% du fixe pour le variable à long-terme.

11 Décembre 2012


Le rapport de PROXINVEST est disponible auprès de la Librairie LDEL/JUSTICIA en utilisant le bon de commande.


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