De Lagardère à Allianz, l'’incurie des banques pour le vote des actionnaires

Après le dossier Wyser-Pratte- Lagardère en 2010, les assemblées générales de Siemens et d'Allianz convoquée pour début mai 2011 offrent la parfaite démonstration du non fonctionnement de la chaîne de vote pour les actionnaires étrangers.

Guy Wyser-Pratte, actionnaire de Lagardère avait présenté en 2010 deux résolutions externes chez Lagardère pour mettre en cause le régime de SCA et se faire élire au conseil de surveillance. Sa démarche, bien fondée à nos yeux mais assez cavalière, avait obtenu pour les deux résolutions les scores dejà élevés de 22% et 24% des suffrages. Assez déçu de ce score pourtant honorable l’arbitragiste de New York s’est tournée vers la société, puis vers l’AMF pour faire vérifier les votes de cette assemblée. Après enquête son avocat, Me. Eric Bernard, du cabinet MBL Avocats, a établi avec l’aide de la société que nombres de vote s’étaient soit perdus en chemin, soit trouvés inversés par une chaîne incluant les agences de vote américaines ISS et Broadridge, et les banques UBS et BNP Paribas d’autre part. Selon l’avocat le score réel des résolutions était de 43% et 44%. En bref la plomberie interbancaire ne fonctionne pas bien, tous les opérateurs le savent.


Cette année 2011 les conditions du vote des actionnaires étrangers de Siemens donne un autre exemple de la médiocrité des services des banques pour l’inscription puis l’exécution des votes des actionnaires.


L’assemblée d'Allianz doit se tenir le 6 mai à Munich mais les agences de vote réclamaient les instructions définitives des actionnaires pour le 13 avril, soit vingt quatre jours avant l’assemblée générale et quelques jours seulement après la parution des documents d’assemblée. Pourtant le site de la société allemande d'asssurance Allianz précise bien que le formulaire de vote doit lui parvenir au plus tard le 27 avril et non le 21 avril... Aux dires de la toute puissante agence américaine Broadridge, laquelle ne fait pas grand-chose pour moderniser le système, ce sont les sous-conservateurs bancaires qui exigent ces délais injustifiables pour un travail de peu de valeur ajoutée très bien payé, tandis que les agences proxy doivent, elles, analyser à toute vitesse les riches informations remises par les sociétés. Certes, le délai d’inscription en record date en Allemagne, qui est bizarrement fixé à 21 jours avant l’assemblée au lieu de trois jours en France et un jour au Royaume Uni explique une partie du problème.

Mais l’incurie des établissements bancaires, si bien nommés sous-conservateurs, est la vraie raison de cet état des choses. Rien, sinon leur insondable médiocrité, n’empêche, comme nous le réclamons depuis dix ans de dissocier temporairement les instructions de vote de l’inscription sur cette liste de présence.

20 avril 2011

11 avril 2011

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