L'opération rampante de LVMH sur Hermès International illustre deux voies stratégiques

LVMH a rendu public fin octobre la détention de 14% puis 17% d'actions Hermès International par le débouclage d'equity swaps datant de 2008. Opération stratégique occulte, tromperie du marché? Pas du tout! Gestion de trésorerie discrète, la position massive sur le titres a été simplement débouclée en actions Hermès International et non en cash... Déclaration d'intention bafouée ? Que nenni, puisqu'il n'y en avait, paraît-il, aucune à faire!

Hermès International qualifie certes l'opération de non-amicale et relève quelques incohérences dans l'information donnée par LVMH, mais il y a gros à parier que Bernard Arnault est bordé, qu'il se suffira de cette position minoritaire pour prétendre ainsi dominer le luxe français...

Il nous aura fallu plusieurs années d'insistance pour obtenir des textes exigeants contre ce type d'opérations occultes, mais finalement bravo à l'AMF, qui, après avoir traîné des années, a fait exiger de la loi, à dater de ce 1er novembre 2010, la transparence des positions directes ou promises au capital des sociétés cotées! C'est bien l'entrée en vigueur de nouveaux textes sur les dérivés d'actions et les emprunts de titres qui aura forcé LVMH à sortir du bois à moins que cela soit le profit à déclarer enfin dans ses comptes...

Le travail des banques emprunteuses de titres, qui ont permis ces opérations occultes, pose encore problème à nos yeux: si elles offrent à l'investisseur un petit revenu et permettent de récupérer les retenues fiscales sur dividende, leurs opérations font diminuer la participation au vote, notamment des actions auto-détenues ou d'auto-contrôle...

Une manipulation quotidienne pratiquée et dévoilée par les plus grands noms, en parfaite violation de l'intérêt social des entreprises. Proxinvest aide depuis plusieurs années les sociééts de gestion à suivre ces seuils de déclaration (Pour toute information appelez Charles Pinel au (33) 01 45 51 50 43)Il conviendra donc encore d'exiger que les emprunteurs professionnels (souvent nos banquiers français à Londres)acceptent de voter dans le sens de la politique de vote de l'investisseur, ou de ne pas voter s'il a emprunté à l'émetteur.

Certes la gouvernance de LVMH, non sans faiblesses, reste légèrement supérieure au verrouillage en SCA d'Hermès international. Il reste que cette affaire illustre aussi deux méthodes, deux cultures d'entreprise: celle sans scrupule, managériale et financière de Bernard Arnault et LVMH et celle plus harmonieuse de de la maison d'artisanat Hermès International dont le président de la holding financière Bertrand Puech dit aujourd'hui: "Nous ne sommes pas dans le luxe, nous sommes dans la qualité".



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