Il ne peut s’agir d’une opération de simple spéculation ou même de la mise en cohérence trop tardive avec l’initiative menée sur la participation brésilienne de Portugal Telecom. Il s’agit ici à l’évidence d’une opération destinée à fragiliser l’opérateur portugais avant l’assemblée, on flirte avec la manipulation de cours. Les spécialistes des télécommunications suggèrent que l’acquisition des 30% de Vivo (correspondant au 50% de Brasilcel détenus par P.T.) demeure rentable pour Telefonica à € 7,5 milliards, ce qui représenterait 1 milliard supplémentaire sur l’ offre actuellement en cours pour cette AGE.
Seuls deux actionnaires représentant au total 18% du capital se sont prononcés contre l'opération. Telefonica n’était pas assurée de pouvoir légalement exercer ses 10% de droits de vote en raison de potentiels conflits d’intérêts.
Il reste que, tout comme l’opération de Porsche sur Volkswagen ou de Lagardère sur son propre capital en 2007 avec des couvertures occultes ou encore la montée dissimulée par des call de Wendel au capital de Saint Gobain, il est évident que les gros opérateurs proches de l’entreprise, ou les actionnaires de celle-ci dépassant le seuil statutaire de déclaration, ou même leurs administrateurs comme Lagardère chez EADS, sont des personnes nécessairement initiées.
Dès lors, leurs opérations deviennent suspectes si elles ne sont pas déclarées au départ et réparties sur une durée de plusieurs semaines de bourse avant une déclaration de réalisation ultime. C’est la réglementation que Proxinvest a recommandé à l’AMF qui a confié à Bernard Esambert une utile mission sur les manquements d’initiés des dirigeants d’entreprises.
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