Wendel, ou les limites de l’auto-discipline…

Sur la toile de fond des contentieux qui opposent, par tribunaux interposés, Madame Sophie Boegner à son excellent et jovial cousin Ernest-Antoine Seillère, la société Wendel qui demeure étroitement contrôlée par le plus brillant « patron des patrons » ne témoigne pas des vertus de la méthode « Comply or Explain » défendue par l’AFEP et le MEDEF.

En matière de rémunérations d’abord, Wendel illustre cette années à sa façon l’application des six principes de l’AFEP MEDEF : · Exhaustivité · Equilibre · Benchmark · Cohérence · Lisibilité des règles, et par dessus tout · Mesure !

Son assemblée se doit ainsi de voter en résolution 4 sur le dernier épisode du séjour de Jean Bernard Lafonta comprenant pour 2.496.000 € le rachat en mars 2009 au prix fort de ses co-investissements "à leur valeur de souscription" (Lisibilité des règles), réactivant d’autre part son contrat de travail pour lui permettre d'être indemnisé comme salarié "sur la base de sa dernière rémunération fixe et variable de mandataire social", soit à hauteur de € 955.373 (Equilibre , Benchmark, Cohérence et Mesure !)...

La résolutions 5 prévoit, elle, pour Frédéric Lemoine qui bénéficie déjà d’une couverture chômage spéciale non valorisée (Exhaustivité), une indemnité de départ de deux ans sous condition de performance, soit quelques 2 M€ (Mesure). La résolutions 6 prévoit pour Bernard Gautier une double indemnité pour la fin de son contrat de travail (maximum de un an de rémunération fixe et variable) et pour la fin de son mandat, représentant encore un an de rémunération fixe et variable sous condition de performance. L'une des conditions de performance étant d’avoir touché un bonus pendant deux ans, nous voilà rassurés pour eux puisque pour 2009 Wendel – au vu de la perte consolidée de 918 M€ - offre à nos deux membres du directoire, solidaires des actionnaires, de percevoir pour prix de leur efficace contrôle de l’endettement, l’intégralité du bonus cible de 50% de leur rémunération fixe, et même plus pour Bernard Gautier soit respectivement 600 000 euros et 400 000 euros (Equilibre, Benchmark, Cohérence et Mesure)...

Quant au contrôle du risque du groupe, rien de tel que l’auto-discipline :

Le Comité d'Audit de Wendel est composé formellement de quatre membres dont quatre peuvent être qualifiés de non indépendants à commencer par son président, ancien et fidèle dirigeant de la CGIP, Jean-Marc Janodet, deux membres de la famille et un administrateur croisé. Il comprend de droit un représentant de la direction générale (Patrick Bendahan, Directeur d’investissement), et invite aussi le président du comité de Gouvernance à toutes ses réunions... La société reconnaît que "sa composition ne répond pas strictement à la recommandation 14.1 du Code AFEP-MEDEF qui préconise au moins deux tiers de membres indépendants"... Bien. Cependant, elle "estime que l’implication des personnes, la qualité des travaux, le recours régulier à des experts extérieurs et la fréquence des réunions compensent une approche arithmétique de la composition des comités. "

La participation d’un représentant de la Direction financière aux réunions de fin d’audit ou aux réunions de Comité d’audit des filiales est d’ailleurs présentée comme un avantage, sans inspirer aucune remarque aux commissaires aux comptes. L'invitation du Président du Conseil de surveillance, Monsieur Ernest-Antoine Seillière, et de son féal Président du Comité d’audit, Jean-Marc Janodet, à chaque réunion du Comité de gouvernance donne la touche finale à la gouvernance d’un grand timonier dans la tempête.



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