Regardons donc un instant les arguments de cette désertion collective du camp des investisseurs:
C'est trop compliqué, trop complexe, disent-ils, donc hors compétence des actionnaires et investisseurs : il est vrai que "le mystère crée l'autorité" et si jamais complexité a été mal fondée c'est bien sur cette question de la rémunération d'un patron : la créativité et la multitude des instruments est recherchée pour dissimuler la vérité du chiffre total et suggérer le mystère. Pourtant rien n'empêche les grands investisseurs de rejeter les "packages" trop complexes.
Au demeurant si les finesses d'une stratégie technique dans un univers changeant peuvent échapper à investisseur moyen, rien n'est plus facile à appréhender pour l'investisseur que le total perçu par un dirigeant non fondateur: et c'est ce que propose Proxinvest à ses clients: l'addition du total vraiment perçu sur le dernier exercice.
Allouer de ressources à cette question somme toutes secondaire est une erreur, disent-ils, les autres questions de gouvernance sont plus importantes : ce n'est pas notre impression d'expérience ni celle de The Corporate Library. Rien n'est plus révélateur des valeurs de stratégie et de management d'un patron que son attitude vis à vis de son propre salaire... Au contraire de l'idée que "Greed is good", soyons sûrs du contraire : une rémunération abusive est une signal bien anticipé du court-termisme d'un management souvent médiocre. La confusion du discours de nos aimables grands joueurs dont -il faut le savoir - les grands administrateurs sont souvent trop bien payés eux mêmes - est qu'ils entendent tout de même approfondir et juger des rémunérations qui leur seront soumises : ils tuent eux mêmes ainsi leur propre argument d'un investissement temps excessif pour un problème trop complexe et n'ont pas peur de traité inégalement en sanctionnant le package des dirigeants transparents tout en exemptant de tout contrôle les rémunérations cachées...
Dommage. Pour Proxinvest, qui observe l'effet modérateur en France de sa publication en 2004 de son maximum subjectif socialement acceptable (240 fois le SMIC soit 4 M€), une exigence de contrôle par les investisseurs sur la base de maxima individuels fixés librement et subjectivement par chaque fond ou société de gestion suffirait à mettre rapidement fin aux abus dans ce domaine.
Merci de soutenir notre campagne pour le vote libre des actionnaires sur Internet